Quand votre tenue a un impact sur votre vie

« Pour moi s’habiller est une forme d’expression de soi. Il y a des indices de ce que vous êtes dans ce que vous portez. »

– Marc Jacobs.

Vous connaissez probablement tous l’expression “l’habit ne fait pas le moine”. Bon eh bien le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est pas très adapté à la société moderne, où tout le monde fait son petit narcissique en se mettant en avant dans les réseaux sociaux. Pour faire écho a mon précédent post sur l’art de se mettre en valeur, nous allons aller un peu plus profondément aujourd’hui dans l’étude de l’image que vous renvoyez, et de l’influence énorme qu’elle va avoir sur les autres.

Franck Abagnale a bien compris cela (dont l’histoire a inspiré le film “Catch me if you can”) et en a beaucoup joué pour son plus grand profit.D’ailleurs, on peut étendre cette analyse a la plupart des plus grands escrocs de ce siècle (Madoff, Rocquencourt etc): ils ont tous utilisé le paraître pour fausser l’image que se faisaient les gens d’eux. 

Aujourd’hui, savoir jouer avec votre image est une forme d’intelligence sociale qui joue un rôle prépondérant, et encore plus pour les hommes auxquels vous aspirez devenir. La première image que quelqu’un se fera de vous sera basée sur votre image: votre physique, votre tenue vestimentaire, la façon de vous tenir. Avoir de l’embonpoint donnera l’impression de ne pas être sportif, et donc par extension: “peu actif”, être négligé de ne pas être “un homme d’importance” etc. Bien entendu, tout ceci n’a rien a voir avec la personne que vous êtes réellement. C’est d’ailleurs à ça que l’expression l’habit ne fait pas le moine fait référence. Mais dans les moments où nous n’avons que quelques minutes pour convaincre (une femme rencontrée dans la rue ou dans un bar, un investisseur, un recruteur, votre future belle famille etc), ces quelques minutes sont cruciales.

Quelques exemples :

 

Le premier de ces 3 messieurs porte une tenue “plus workwear” tu meurs. N’importe qui pensera de lui qu’il fait un travail manuel, salissant, connoté “CSP-” du type garagiste, technicien de maintenance etc. Rien de dégradant dans mes propos, c’est juste l’idée qu’auront les gens de lui. Pas la personne qu’il est réellement, car rien ne vous dit qu’il n’est pas au contraire un patron de grosse boite du cac40, passioné de voitures anciennes dont le petit pêché mignon est de bosser lui même sur les moteurs de ses belles mécaniques.

Le second a l’air du cadre typique d’une grande boite. Et pourtant, il s’agit peut être d’un chômeur se rendant à un entretien d’embauche.

Le 3eme a l’air d’un type normal, le fameux voisin de palier. Sa tenue n’a pas grand chose à dire, il a au moins le mérite de porter des fringues a sa taille. Qu’en déduisez-vous sur lui? Ben pas grand chose en définitive. Et c’est con pour lui vous trouvez pas?

Dans le monde de l’entreprise: savoir faire le paon (à bon escient)

Dans le monde de l’entreprise, et plus particulièrement dans celui des “bureaux”, il y a en général un schisme entre les “costumes” et les non costumes. À de rares exceptions près (start-up un peu bobo où il est de bon ton devenir en jean/tongs ou grosses boites voulant se donner un air de start-up bobo comme Microsoft ou Apple), la tenue indique presque d’office le type de contrat de la personne qui la porte: Costume = cadre, pas costume = pas cadre.

Mais au delà de cette première distinction, je voudrais parler aujourd’hui d’un clivage encore plus fort: celui de la cravate.

La cravate est très connotée “directeur” de nos jours. Portant moi même la cravate au quotidien, je serais incapable de vous citer le nombre de fois où on m’a attribué des “galons” que je ne possède pas encore.

Mais surtout, cela m’a ouvert énormément d’opportunités: invitation à des réunions “high level” pour présenter un dossier car mon boss savait que je présentais bien et que j’étais très à l’aise à l’oral, plus de légitimité prendre la parole en public et à faire passer des messages etc…

 

Un petit accessoire qui change tout…

 

Le point crucial n’est pas de devenir un être factice, de n’être que dans le paraître, mais de saisir les opportunités qui s’offre à vous, afin de pouvoir montrer ce dont vous êtes capables.

Avant, quand j’étais un cadre sans cravate, mon travail n’était pas moins bon que maintenant, simplement, je n’avais jamais vraiment eu l’opportunité de prouver directement à des gens dont l’opinion compte dans l’avancement d’une carrière.

Dans le cadre privé / de la séduction: savoir s’adapter.

L’intelligence sociale, c’est avant tout savoir s’adapter à son interlocuteur. Cela ne me viendrait pas à l’idée de sortir en costume cravate parler à une femme dans la rue, car l’écart entre la tenue classique du weekend jean/sneakers serait trop grande et créerait un fossé qui la mettrais mal à l’aise. Cependant, avec une tenue casual chic, je sais montrer que je sais porter un style plus décontracté, tout en montrant que l’élégance est quelque chose d’important à mes yeux.

Les hommes ne soupçonnent en général pas à quel point les femmes sont capables de faire preuve d’intelligence sociale en matière vestimentaire.

Petit exemple très concret:

Je suis sorti pendant quelques mois avec une jeune femme rencontrée dans la rue l’été dernier. Lors de notre rencontre, j’étais en chino/chemise/veste/chaussures en cuir, et elle en petite robe d’été. Jusque là, rien de bien foufou.

Lors de notre premier verre, j’étais dans une tenue différente, mais avec le même type de pièce (chino/chemise/veste etc), et elle en jean/sneakers. Toujours rien de bien fou (je sais, vous êtes exigeants): Eh bien a partir de notre second verre, et pour les quelques mois de relation qui ont suivi, je ne l’ai plus jamais revue en jean. Jamais, ni un dimanche, ni rien. Elle avait compris que c’était ma “tenue normale”, et s’était “mise au niveau” pour ne pas jurer (robe, jupe, pantalon habillé etc).

 

Un cas typique de changement “premier verre/deuxième verre” en ce qui me concerne

Et cela n’est pas du tout un exemple exceptionnel. Cela m’arrive a chaque fois. Sans aucune exception. Les femmes que je rencontre viennent systématiquement en tenue “social proof” au premier rendez-vous (souvent jean sneakers d’ailleurs), et se remettent toujours a mon niveau lors du 2eme rendez-vous. Cela m’est arrivé pas plus tard que la semaine dernière. Et je peux vous dire que cette fille là donnait le vertige en robe habillée…

Ce n’est pas une fin en soi, ce n’est pas la martingale qui permet d’accéder au cœur de toutes les femmes, encore une fois, la tenue est juste un pourvoyeur d’opportunités, en plus de vous renseigner sur l’intérêt que vous porte la femme que vous convoitez (si son intérêt est faible, soyez certain qu’elle ne s’embêtera pas à passer 1h30 à se préparer pour la soirée).

En conclusion, je tenais une nouvelle fois à préciser que je ne vous encourage pas à vous déguiser en quelqu’un que vous n’êtes pas. Je vous suggère juste d’être suffisamment intelligent socialement parlant pour comprendre qu’une légère escapade en dehors de la norme est un formidable vecteur d’opportunités, dans tous les domaines de la vie.

Et quand je dis légère, c’est bien le mot: il faut TOUJOURS que votre tenue soit adéquate à la situation, car c’est sur ce modèle que fonctionne notre société, et ce qui est socialement accepté. Et comme un bon vieux slogan des familles vaut toujours mieux qu’un long discours:

 

“Salut, j’étais là-bas blablapouet !”

(je me dégage de toute responsabilité quand à l’utilisation de cette phrase d’approche, merci)

 

À vous de jouer.

 

Sources (par ordre d’apparition): Muse.ca/arstechnica.com/Cadre et dirigeant magazine/pinterest (Afsheen)/Devred/Atelier Tuffery/Advantech/Lesaviez-vous

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