Peut-on se débarrasser de la peur de l’approche ?

Existe-t-il un moyen de se débarrasser définitivement de la peur de l’approche ? La fameuse pierre philosophale à laquelle nous rêvons tous lors de nos premières confrontations avec l’adrénaline, cette espèce de paralysie irrationnelle qui nous submerge, a priori systématiquement, lorsque nous ambitionnons nos premières approches.

L’élan

Lorsqu’on aborde, plusieurs fois, dans un laps de temps suffisamment réduit, on met en place un élan intérieur, de façon inconsciente et systématique. Cet élan pourra être entravé par une éventuelle déstabilisation entrainée par des rejets, effectivement, mais dès lors que vous êtes suffisamment résistants à cela, soyez-en sûr : Plus vous abordez, moins vous avez peur d’aborder dans les instants qui suivent. C’est d’ailleurs un des gros avantages en soirée, par rapport aux approches en journée : vous pouvez aborder énormément dans un laps de temps très réduit, et ainsi bénéficier de ce que nous avons appelé un élan.

A grande échelle, si vous abordez très régulièrement tous les jours, vous bénéficierez de ce que beaucoup expérimentent comme un élan global : Vous devenez quasiment totalement débarrassé de toute peur de l’approche, à tout moment. Comme une immunité d’arrière plan, une certaine stabilité, qui vous suit dans votre vie de tous les jours, si vous êtes suffisamment régulier (Quand je dis suffisamment, c’est relatif à votre expérience et à votre capacité à produire quelque chose dans vos interactions. Il faudra par exemple peut-être 20 approches par jours à un débutant pendant plusieurs semaines pour toucher du doigt cette stabilité, alors qu’extrêmement peu suffiront sûrement pour quelqu’un avec beaucoup d’expérience).

En revanche, il semble qu’aussi expérimenté que vous soyez, si vous vous arrêtez trop longtemps, la peur de l’approche sera de retour à coup sûr. On ne s’en débarrasse donc jamais définitivement.

 

L’acceptation

Plus vous aurez d’expérience, plus vous serez capable de canaliser vos émotions une fois dans le feu de l’action, même si vous étiez proie à la peur quelques secondes plus tôt. C’est pourquoi certaines personnes expérimentées choisissent de ne pas investir sur un élan global, et préfèrent accepter qu’ils auront une certaine anxiété quasiment à chaque approche. Ils l’acceptent car ils sont conscients qu’il est très probable, une fois dans le feu de l’action, qu’ils sauront canaliser leurs émotions et faire fonctionner la rencontre. Toutefois, bien que le niveau d’anxiété tende à être du plus en plus bas avec le temps, il reste très difficile pour tout le monde de surmonter cette peur systématiquement sans profiter d’élan. A vous de choisir votre stratégie en fonction de vos besoins.

 

C’est souvent quand on a peur qu’il se passe les meilleures choses

Je vous encourage à lire cet extrait de mon journal sur la plateforme Bicheur.club (à laquelle je vous invite vivement à jeter un oeil). Pour contextualiser, j’avais arrêté d’aborder régulièrement dans la rue ces derniers temps, et j’étais donc redevenu proie à la peur de l’approche. J’avais envie de m’y remettre, mais comme pour tout le monde, c’est jamais facile sans élan. Surtout seul, c’est pour ça que je vous recommande de sortir à plusieurs temps que vous n’aurez pas mis en place un certain élan intérieur. Le récit :

« […] Au delà de ça, je me sens beaucoup trop dépendant des gens avec qui je suis ces derniers temps (beaucoup + qu’habituellement), je sens ma confiance s’évaporer très rapidement quand je m’éloigne de mon groupe, quand ils ne sont pas à proximité. C’est pas bon, il faut que je me remette des doses seul. C’est ce que j’ai voulu faire aujourd’hui.

Dimanche, 13h, temps idéal, je me dis que je vais faire un tour dans les rues de Paris, tout seul comme un grand (j’en ai honte haha). Je marche peut-être 2h sans avoir les couilles de rien faire. Je croise une fille qui me plait, je me retourne, puis trouve des fausses excuses. J’en vois une deuxième, pareil, je me retourne, puis me dis qu’elle ne me plait pas tant que ça. Enfin, 10 secondes plus tard je me dis « Mais quel con elle était super belle qu’est ce que je raconte… Hmm.. Il est encore temps d’y retourner.. Hmm.. Mais… Mais ouais mais c’est loin maintenant… Hmm, ouais et alors ? Ouais nan bref, je continue mon chemin ». Une troisième, une quatrième, etc… J’en ai laissé passer peut-être 6 ou 7 qui me plaisent, sans rien faire. Je rentre chez moi super vénère contre moi-même.

Je me dis que je suis super con parce qu’en plus c’est souvent dans les situations où j’ai vraiment peur d’y aller et où je le sens pas, qu’il se passe des trucs géniaux. En plus depuis quelques mois ça m’arrive très régulièrement de flipper un peu pour aller stopper une fille, je le fais, et une fois en face mon expérience et mes reflex prennent les choses en main et ça passe tout seul comme une lettre à la poste, j’ai rien à penser ça se fait tout seul en mode automatique, alors que pourtant je flippais. C’est ce que j’ai encore expérimenté aujourd’hui.

15h, je reçois un message de potes à moi qui me proposent d’aller streeter [Aborder dans la rue] à République. J’arrive sur place, ils ont beaucoup de retard, je dois attendre tout seul. « Bon… Bah aller, c’est reparti pour une bonne demi heure à perdre mes couilles et tourner sans rien faire ». Je marche 30 minutes en essayant de pas laisser mes couilles trop trainer par terre, mais elles sont tellement lourdes. Je laisse passer une opportunité, deux opportunités, trois opportunités… J’en baisse carrément les bras. NON ! Fais pas la victime, bats-toi, on continue, étape par étape, d’abord marche, va là où t’es susceptible de croiser des filles à aborder, et on verra pour le reste plus tard, pour l’instant juste bouge toi le cul. Je marche en puant la défaite, puis croise une fille qui me fait vraiment de l’effet. En plus elle m’a regardé. Putain… Bon aller mec, t’as pas le droit là. J’y vais, je sens l’adrénaline comme à mes premières approches, c’en est mignon.

Elle regarde derrière elle avant même que j’arrive, elle me voit en train de courir vers elle donc. Avant ça m’aurait déstabilisé, maintenant je me dis « Ah cool, j’ai encore + de temps que prévu pour avoir son attention ». Je lance donc un « Hey » alors que je suis encore derrière elle en train de courir comme un abruti. Je la dépasse, elle s’arrête, je balbute quelques mots comme quand j’avais 10 ans, puis d’un coup, mon expérience envahit mon cerveau et prend les commandes, je repasse en mode automatique, je sais exactement quoi faire et quoi dire. Cool, je suis plus du tout stressé. On se dirige vers une terrasse de café, on prend un verre directement, puis on prend le métro pendant 20 minutes, direction chez moi. Elle avait ses règles, ses lèvres finiront par s’occuper de moi, 2 heures après la rencontre à plusieurs kilomètres. On se reverra sûrement.

Je l’aurai donc expérimenté une fois de plus : C’est souvent quand tu te chies dessus qu’il se passe des trucs géniaux »

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